Aménager avec les mots !

J'aménage les espaces de crèches grâce aux sens des mots...

Aménager avec les mots !

J'amènage les espaces de crèches grâce aux sens des mots

Je vous confie les termes de vocabulaire, qui depuis 10 ans, voir plus, donnent sens à mon approche d’aménagement des espaces de la petite enfance.

En matière d’aménagement, j’ai commencé par m’intéresser à 2 mots de vocabulaire, dont les définitions ont pour moi tout leur sens dans le monde de la petite enfance.

Le mot espace dont la définition du Larousse est la suivante: «étendue, surface ou volume dont on a besoin autour de soi». J’ai aussi trouvé sur le web «étendue qui ne fait pas obstacle au mouvement». Le second, le verbe aménager dont la définition peut sembler plus complexe (et surtout plus longue) et pour autant qui retranscrit tellement bien ce terme:«arrangement, disposition particulière visant à une meilleur adéquation de quelque chose à sa destination». Pour résumer c’est mettre en valeur, donnée du volume à…

C’est ensuite en partant des qualités de l’espace (étudiés par l’association NAVIR) en passant par la compréhension que l’enfant a de son environnement avec les recherches d’Alain Legendre* ainsi que celles d’Hubert Montagner** sur la sécurité affective (sécurité affective: c'est le sentiment de ne pas être abandonné et en danger, ce qui est à tous les âges le «cœur» des enfants et le «moteur» de leur développement d'après H.Montagner) ;  que l’aménagement des espaces utilisés par les très jeunes enfants et les adultes qui les accompagnent est devenu mon plus bel ami.

 

Comment l’aménagement de l’espace peut-il concrètement répondre aux besoins du jeune enfant  et sa soif de découvertes ?



En devenant à la fois un véritable terrain d’exploration et de tranquillité.
Les enfants avec les propositions d’agencement et les supports de jeu présentés dans l’espace devraient pouvoir faire des découvertes et des acquisitions simples (ce que l'on a acquis par l'étude ou par l'expérience). C’est ce qu’appelle Piaget – psychologue biologiste connu pou ces travaux de développement) l’espace vécu. Qui est lui-même comme "l’espace de l’action qui va permettre à l’enfant de faire des découvertes progressives de son environnement proche".

Car détrompons nous les jeunes enfants ne cherchent pas systématiquement à faire des bêtises! Ils font des découvertes (actions de découvrir ce qui était ignoré, inconnu, caché), ils ne bravent les interdits dès que nous avons le dos tourné, ils explorent. Ils ne pensent pas qu'à faire, ce qui nous semble, des choses inutiles ils font des découvertes et des essais indispensables. Ils n’ont pas plus besoin d’activité motrice que du reste. Ils n’ont pas plus envie d’activité que de moments "solo".

Le jeune enfant est tel un explorateur (personne qui explore un pays lointain, peu accessible ou peu connu) qui arrive sur une autre planète et qui veut absolument en comprendre le fonctionnement. Pour ensuite faire la synthèse de ses apprentissages et se reposer de ses quêtes, il aura besoin que cette planète lui offre de quoi se ressourcer (retrouver une meilleure énergie morale ou physique).

 

L’espace est chargé de sens


Pour le jeune enfant l'espace est un univers chargé d'un ensemble de qualités qui l'aide à découvrir le monde qui l'entoure par de multiples expériences (pratique de quelque chose, de quelqu'un, épreuve de quelque chose, dont découlent un savoir, une connaissance (...) ), quotidiennes.

Si la notion d'espace est assez abstraite et difficile à définir, retenons que le développement cognitif et psychologique de l'enfant passe par l'acquisition de connaissances spatiales.

En plus d'un environnement "adapté" et "sécurisé", en crèche, il est pertinent de proposer à l’enfant un environnement riche en ressources d'apprentissages et donc généreux en possibilités d'aventures.

Les lieux de vie d'une crèche ou d’une micro-crèche sont des espaces où il judicieux de privilégier des dispositions architecturales et d’aménagement qui offrent d'emblée des possibilités d'exploration et aussi des possibilités de retrait afin d’avoir la possibilité de se recharger physiquement ou émotionnellement.

Des différences de niveau, des esplanades, des recoins, des modifications du sol, des marquages et des délimitations, des coins propices à l’élaboration de scénarios de jeu et d’imitation ...qui permettent de grimper, de se faufiler, se cacher en gardant la possibilité d’être vu, de cheminer, de ne reine faire c’est être attentif (qui prête une attention soutenue qui veille soigneusement ...) aux moindres besoins de l’enfant.

 

Marina Lemarié pour MarinaInterior
www.marina-interior.com/

*Alain.Legendre «Interactions des jeunes enfants en groupe: les supports et contraintes de l'environnement spatial», Revue de psychologie de l'éducation,2, 1997. Chargé de recherche au CNRS, doctorat de psychologie, diplôme d'architecture.
**Hubert Montagner (psychologiste, professeur des universités, ancien directeur de recherche à l'INSERM)